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Vendanges 2020 : dans les coulisses de G2V

Face au casse-tête du recrutement de saisonniers, les producteurs de champagne font de plus en plus appel aux sociétés de prestation pour la vendange. Voici comment fonctionnent deux d’entre elles.

Sept cents saisonniers sur le pont ce lundi. Benoît Ferry et Octave Dargent, nez sur l’écran de leur ordinateur ou un de leurs trois téléphones à l’oreille, manœuvrent dans « la tour de contrôle ». Nous ne sommes pas à l’aéroport de Vatry mais au dernier étage d’un bâtiment d’entreprises de Bezannes. C’est là que la société de prestations viticoles G2V Services pilote ses vendanges.

Derrière le plan de travail, un tableau de service à fiches en carton s’étend sur toute la largeur du mur. Dates, noms des chefs d’équipe, des clients, code couleurs, repères : un vrai plan de bataille, augmenté d’un autre tableau, dessiné au marqueur sur l’un des murs. Pour compléter, deux écrans affichent la géolocalisation des équipes de vendangeurs.

« Nous utilisons ce système depuis trois ans, indique Octave Dargent, salarié de G2V, cela nous fait gagner du temps et éviter du stress. » Ou presque. « C’est à Montchenot , pas à Montgenost », répond Benoît Ferry au téléphone. Inattendu : une équipe s’est trompée de point de chute. 1h30 de route à rattraper. C’est l’un des premiers soucis de ce début de récolte dans la Marne où 500 cueilleurs viennent s’ajouter aux 200 déjà en route pour G2V dans l’Aube depuis la semaine dernière.

Facilitateurs

Au total, entre 1 300 et 1 500 travailleurs s’activeront cette année pour récolter 450 à 500 hectares pour le compte de vignerons, coopératives ou maisons de champagne. Il y a cinq ans, à la création de G2V Services, prolongement de l’entreprise personnelle de Sébastien Rigobert, ils étaient 150. « L’élément déclencheur a été la problématique d’accès à la main-d’œuvre sans compter les difficultés administratives et d’hébergement », explique Sébastien Rigobert. Un casse-tête pour les producteurs, pour une quinzaine de jours dans l’année, « mais nous, on en a fait notre métier ».

Contractualisation et définition du cahier des charges de chaque client, conditions sanitaires, accueil des équipes de saisonniers, signature (électronique cette année) des contrats, distribution d’un kit individuel (masque, gel, gants, sécateur…)… G2V veille à tout, avec la rigueur d’un métronome. « Trois salariés sont chargés de contrôler le respect des mesures sanitaires. » Un guide a même été édité.

« Si Sébastien est l’architecte, nous sommes les maîtres d’œuvre », sourit Benoît Ferry, à la gestion logistique pendant les vendanges, viticulteur le reste de l’année. Face au tableau, son binôme Octave Dargent abonde : « On facilite le travail des équipes, on règle les problèmes, on vérifie que les gens sont bien au rendez-vous… »

Expérience

Comme à Mailly ce lundi, dans la parcelle d’une maison rémoise. Une équipe de Polonais s’active. Chapeau vissé sur la tête et bandana remonté sur le nez, Jacek Maciejewski veille au grain. Ce solide chef d’équipe accompagne les vendangeurs depuis cinq ans. « On était un peu inquiets par rapport au virus mais on sait qu’ici, les conditions d’accueil sont bonnes. L’hôtel (à Laon, NDLR) n’est que pour nous d’ailleurs. On vient pour le plaisir », réagit le chef polonais.

À quelques kilomètres de là, Mickaël Cordoin supervise une quinzaine de saisonniers dans une parcelle de Montchenost. Lui aussi est prestataire mais son organisation est très différente. À son compte, cet originaire de Port-à-Binson a créé Presta-Viti Cordoin le 1er janvier 2018. « J’étais ouvrier vitivinicole depuis 2000, je suis issu d’une famille de viticulteurs et j’avais envie d’être mon propre patron. » Fort de son expérience et constatant, lui aussi, la demande de prestation, il s’est donc lancé. Cette année, il compte une petite quarantaine de cueilleurs « des quatre coins de France ». « Ce sont des gens qui font les saisons. » En 2019, il a investi dans un vendangeoir pour les loger. « Cette année, j’ai supprimé trois lits sur vingt pour respecter les normes », explique-t-il en montrant le dispositif pour les sandwichs. Tous les matins à 5 heures, il prépare un kit individuel contenant deux sandwichs, un gobelet, un soda et une dosette de sucre pour le café. « Le matin et le soir, on sert le repas. »

Quentin Housset, du champagne Housset à Savigny-sur-Ardres, présent pour le transport des caisses de raisins, fait appel au prestataire pour la première fois. Son père et lui ont choisi la prestation pour les vendanges il y a sept ans. « C’est un surcoût de passer en prestation mais c’est aussi pour notre tranquillité. On a moins de paperasse à gérer et ça se passe bien. »

Tout n’est pas toujours évident, notamment face aux désistements, mais Mickaël Cordoin ne regrette pas son choix. « On s’entraide entre prestataires lorsqu’on a beaucoup de boulot. Il y a de la demande mais il ne faut pas prendre trop de clients… et connaître son métier », précise-t-il pensant à un candidat à la création de société de prestation se demandant quand avait lieu le liage. Pas très sérieux. « Cela fait 21 ans que je travaille dans les vignes, je pense que ça compte. »

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Une vendange pas comme les autres se prépare

Alors que la récolte devrait avoir lieu à la fin du mois d’août en Champagne, les opérateurs préparent l’accueil des saisonniers en tenant compte des règles sanitaires. Il y aura cependant besoin de moins de coupeurs qu’a l’accoutumée.

Le port du masque n’est pas obligatoire dans les vignes mais il pourrait être conseillé pendant la vendange, quand l’affluence sera plus forte.

L’effervescence commence doucement à se faire sentir dans les galipes champenoises. Les travaux de relevage menés actuellement y font apparaître de petites équipes qui grossiront d’ici quelques jours, lorsque débutera le palissage. Dans ce contexte sanitaire particulier, la distanciation physique est le maître-mot. « En ce moment, la demande en main d’œuvre est faible donc le respect des gestes barrières est facilité », constate Sébastien Rigobert, le directeur de la société G2V Services, prestataire viticole basé à Bezannes. Puisque l’éloignement est facile à respecter, il est rare, pour le moment, de voir des travailleurs masqués dans les vignes, ceux-ci réservant son usage au temps passé dans les transports. Qu’en sera-t-il pendant les vendanges, lorsque plus de 100 000 travailleurs saisonniers vont investir l’AOC ?

Après avoir constaté, cette semaine, l’arrivée de la pleine fleur dans la plupart des parcelles, le Comité Champagne vient d’estimer « un début de vendanges dans la dernière décade d’août. » Il reste donc moins de trois mois pour s’organiser en conséquence. L’entreprise G2V Services, qui fait habituellement appel à 1 500 saisonniers pour le compte de vignerons, de coopératives et de maisons, y réfléchit depuis les premiers signes de l’épidémie. « On doit pouvoir envisager toutes les hypothèses. Dans la plus pessimiste, les frontières françaises resteraient fermées, l’épidémie repartirait et les contraintes sanitaires seraient très fortes, imagine M. Rigobert. Mais on peut être plus optimiste et penser que les travailleurs étrangers pourront venir, tout en respectant strictement les gestes barrières dans les vignes, les transports et les hébergements. »

Quelle que soit l’hypothèse retenue, certaines précautions seront incontournables et l’entreprise qui assure le recrutement, le transport et l’hébergement de travailleurs se prépare déjà. « On a estimé qu’il fallait, chaque jour, deux masques par vendangeur. On a donc commandé 30 000 masques, explique Sébastien Rigobert. Pour le transport et l’hébergement, on réfléchit déjà à plusieurs scénarios, mais il faudra sans doute multiplier par deux les véhicules et les espaces. » L’entreprise compte aussi beaucoup sur la main d’œuvre étrangère puisqu’elle constitue 70 % de ses équipes. Des saisonniers principalement originaires de Pologne, de Roumanie et de Bulgarie, embauchés et déclarés en France. « C’est devenu très difficile de trouver des vendangeurs locaux, car la culture du travail saisonnier disparaît petit à petit de notre bassin d’emploi, estime Sébastien Rigobert. Si les vendangeurs étrangers ne sont pas autorisés à venir, on aura du mal à trouver le même nombre de travailleurs sur le bassin français et on aura donc nécessairement des vendanges plus longues. »

-30% de besoins en main d’oeuvre 

Néanmoins, le directeur de G2V Services sait d’ores et déjà que cette année, la demande en matière de vendangeurs sera inférieure de 30 % par rapport à l’an passé. La chute des ventes de champagne et la crise sanitaire vont entraîner un rendement à la baisse qui nécessitera moins de coupeurs. Malgré le contexte, Sébastien Rigobert se veut rassurant. « Aujourd’hui, on est sur un nombre d’inscriptions normal par rapport aux autres années. On a peu d’inquiétudes sur la constitution des équipes, car la période des vendanges est attendue fin août, ce ne sera donc pas un problème. » Quoiqu’il en coûte, la vendange 2020 aura bien lieu.

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Vendanges 2017 : G2V en appui des vignerons

A l’heure où les équipes de vendangeurs sont attendues, c’est déjà l’effervescence dans les sociétés spécialisées dans la prestation de service.

Alors que la pourriture menace le vignoble en Champagne en raison de la météo, les vignerons n’hésitent pas à démarrer la vendange un jour plus tôt que prévu. Pour cela, il faut adapter les équipes. Chez les prestataires de services qui fournissent des équipes de vendangeurs clés en main, c’est le grand rush !

Et pour cause, les conditions météo ont provoqué un décalage dans la planification des équipes. Chez G2V, société marnaise, 500 travailleurs saisonniers sont recrutés et répartis sur 180 hectares de vignoble Champenois.

Le travail débute par une planification au bureau et un constat sur le terrain chez les vignerons afin organiser précisément le circuit de cueillette des parcelles à vendanger. Cette année, les conditions météo fragilisent la récolte. Il faut donc répondre rapidement aux demandes qui affluent.